Sénégal/Expansion des Zones Économiques Spéciales : Économistes et acteurs du privé tracent les voies

En réunion de Conseil des ministres du 22 juillet 2020, le Chef de l’État, Macky Sall, insistait sur la nécessité d’accélérer l’extension des Zones économiques spéciales (Zes).

Un appel réitéré, jeudi dernier, lors de la réunion gouvernementale consacrée à l’ajustement du Plan d’actions prioritaires (Pap 2). Économistes et acteurs du secteur privé ont proposé des stratégies pour assurer l’extension de ces plateformes industrielles.

L’État entend presser le pas pour mieux faire jouer aux Zones économiques spéciales (Zes) un rôle prépondérant dans la transformation de l’économie surtout dans le contexte de relance de l’activité post-Covid-19.

Lors de la réunion du Conseil des ministres du 22 juillet 2020, le Président Macky Sall invitait le ministre de l’Économie, en relation avec ses collègues en charge des Finances, de l’Industrie, des Pme, de l’Économie numérique et l’Apix, à accélérer l’expansion des Zes à travers l’ancrage d’un secteur privé compétitif valorisant le savoir-faire national, la promotion de l’emploi décent par le développement de l’investissement productif et de Partenariats public-privé (Ppp) gagnants-gagnants.

Aux yeux du Chef de l’État, les Zes constituent des accélérateurs majeurs d’innovations, de transferts de technologies, de création de valeur ajoutée et d’emplois.

Et durant la réunion gouvernementale du 13 août, le Président réaffirmait l’importance de promouvoir les plateformes industrielles et logistiques à travers les Zones économiques spéciale et les agropoles.

Moubarack Lô, directeur général du Bureau de la prospective économique (Bpe), a proposé trois options pour assurer une expansion des Zes.

Selon lui, à travers l’investissement public, il s’agit de prendre dans les ressources de l’État ou à travers l’endettement les moyens nécessaires pour réaliser l’aménagement des infrastructures et la construction des bâtiments industriels. Il a cité l’exemple de la Zes de Diamniadio.

La deuxième option consiste à donner des incitations au secteur privé avec un statut de développeur privé pour les pousser à s’engager dans la construction de Zes. Concernant la troisième et dernière option, M. Lô a préconisé les Partenariats public-privé.

À ce titre, il a indiqué que des entités de l’État, telles que la Caisse de dépôts et consignations et le Fonsis, pourraient participer au capital des sociétés avec le privé ou d’autres institutions multilatérales, comme Afreximbank, la Bad, la Sfi, pour développer des Zones économiques spéciales.

Même s’il a jugé utile d’étendre ces Zes, l’économiste a toutefois appelé à exploiter les potentialités des plateformes existantes et celles en construction.

Pour la Zes de Diamniadio, il a recommandé la finalisation de la seconde phase du projet. À Sandiara, Moubarack Lô a proposé un accompagnement des investisseurs qui ont déjà montré un intérêt particulier pour s’installer dans la zone.

De la même manière, il a estimé qu’à Diass l’État pourrait pousser l’acteur privé qui a été choisi à accélérer la procédure de développement de la zone afin d’accueillir d’autres investisseurs. Le Dg du Bpe a soutenu qu’au-delà des infrastructures, le plus important reste le contenu. Autrement dit, ce qui va être produit dans ces zones économiques.

« À travers la stratégie de relance, il faut cibler les produits fortement demandés sur le plan local ou régional. C’est là où on peut rapidement gagner des parts de marché importantes sans avoir besoin de se mettre forcément aux normes ou standards internationaux », a-t-il indiqué.

D’après lui, la façon la plus rapide pour favoriser la relance à travers les Zes, c’est de cibler des productions tournées vers l’import-substitution et les exportations dans la région Afrique.

Dans son nouvel ouvrage titré « Sénégal : Les défis économiques Post-Covid-19 » et présenté la semaine dernière, l’économiste et enseignant-chercheur Souleymane Astou Diagne mise sur la recherche pour développer les Zes.

À son avis, ces plateformes industrielles doivent être mieux accompagnées en termes de recherche et développement avec la mise en place de laboratoires ou unités de recherche. Il a noté que la période Post-Covid-19 se caractérisera par une concurrence technique, industrielle et technologique de plus en plus dense.

Les plans de relance économique vont consacrer des moyens importants pour la découverte de nouveaux procédés de production avec l’objectif de créer des emplois massifs dans des secteurs à hautes intensités capitalistes et technologiques.

Du côté des acteurs du secteur privé, l’accent devrait être mis sur la valorisation des bases productives locales pour impulser et développer les Zes et l’implication des Chambres de commerces et d’industries.

Le président du Conseil national des dirigeants d’entreprise du Sénégal (Cndes), Birane Yaya Wane, d’inviter l’État à associer les véritables acteurs économiques qui sont à l’échelle nationale, notamment les Chambres de commerce.

« Si l’État veut réussir son projet de Zes, il faut qu’il revienne à la base en prenant en compte le cadre institutionnel du secteur privé, c’est-à-dire les Chambres consulaires », a plaidé M. Wane. Pour lui, il faut éviter de se focaliser uniquement sur les organisations patronales.

La meilleure option, a-t-il dit, consiste à impliquer les véritables acteurs de l’économie et à valoriser les produits des terroirs à travers une politique d’échange de produits de chaque région.

Source : Le Soleil

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